La comptabilité macabre est approximative. Certains témoins parlent de 600 cadavres. D'autres de 800 victimes au cours de la dernière semaine. Pour la porte-parole du Haut Commissariat des Nations unies aux réfugiés (UNHCR), Carlotta Sami, il s'agit en tout cas «d'une crise humanitaire sans précédent». Malgré l'opération de surveillance et de sauvetage Mare Nostrum, lancée à l'automne 2013 par l'Italie après le naufrage d'une embarcation qui avait fait plus de 360 morts - majoritairement érythréens - à proximité de Lampedusa, le nombre de migrants disparus en mer alors qu'ils tentaient de rejoindre les côtes européennes ne cesse de s'alourdir. Depuis le début de l'année, le bilan dépasserait les 2 500 personnes.
Le 10 septembre, à 300 miles nautiques (480 km) au sud-est de Malte, c'est un cargo avec à son bord plus de 500 personnes qui aurait coulé par le fond. Onze ont survécu, dont deux jeunes Palestiniens ayant fui Gaza. L'un d'entre eux, Hamed, 16 ans, a été secouru par le navire marchand italien Pegasus, qui venait de récupérer 384 migrants lors d'une autre opération de sauvetage. «Des centaines de personnes, des familles entières avec des enfants se sont noyées», a raconté l'adolescent depuis le centre d'accueil de Pozzallo, dans le sud de la Sicile.
Poupe. Egyptiens, Soudanais, Syriens et Palestiniens… les migrants étaient partis depuis le port de Damiette, à environ 200 km du Caire, où ils attendaient par




