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Quitter Londres, est-ce quitter Bruxelles ?

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Indépendante, l’Ecosse devrait juridiquement demander à réadhérer à l’UE. A moins que…

ParJean Quatremer
De notre correspondant Bruxelles
Publié le 17/09/2014 à 19h16

Une Ecosse indépendante devra-t-elle négocier, en tant que nouvel Etat, son adhésion à l'Union européenne ? La réponse n'est pas évidente faute de précédent : la Tchécoslovaquie tout comme l'ex-Yougoslavie ont explosé avant de rejoindre l'Union. Et rien n'est prévu dans les traités européens. «Il n'y avait aucune raison de traiter ce sujet puisque la question de la scission d'un Etat-membre ne s'est jamais posée», estime Alain Lamassoure, député européen (UMP). Cet ancien membre de la Convention rappelle néanmoins sa tentative de donner un statut aux régions de l'Union dans le projet de traité constitutionnel européen afin de leur donner des droits propres qui s'est heurtée au veto de l'Espagne, soucieuse de ne pas encourager le sécessionnisme basque et catalan. Ce sont les Etats, seuls négociateurs et signataires des traités, qui ont refusé d'envisager leur éventuelle scission…

Les institutions communautaires, pourtant conscientes de la montée des revendications indépendantistes en Flandre, en Catalogne et en Ecosse, ont donc soigneusement évité de prendre position officiellement sur un sujet qui fâche. Il y a quinze jours, la porte-parole de la Commission, Pia Ahrenkilde Hansen, s'est contentée d'un laconique : «Nous ne voulons en aucun cas commenter une affaire qui relève de la politique intérieure d'un Etat et interférer dans le cours d'une campagne démocratique.» Cependant les responsables européens ne cachent guère leur opposition à une indépendance éc

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