Le petit matin avait des airs de lendemain de fête, mais l’air seulement. Le camp du oui avait les yeux cernés et le moral en berne vendredi à Edimbourg. Les militants du oui y avaient cru tellement fort tout au long d’une nuit longue et fébrile. Mais à l’aube, leur rêve s’est brisé. Dans les rues détrempées, les kilts se sont alors faits rares, les drapeaux «Yes» pendouillant piteusement sous la pluie. Comme autant de lambeaux bleu et blanc que leurs propriétaires n’ont pas eu le cœur de remiser.
Les pro-oui accusent le coup. Il y a ceux qui cèdent à l'amertume. Comme John, le patron du Cortado, dans la vieille ville. Ces derniers jours, le café affichait fièrement les couleurs du oui. «Je n'ai même pas envie d'en parler. Je suis trop en colère», lâche John, les deux coudes sur le comptoir et les yeux larmoyants dans le vide.
Etape. Près du Parlement, la place où avaient pris l'habitude de se rassembler les partisans du oui est désertée. Reste un grand type à bonnet, Douglas Roberston, un photographe. Il n'a dormi que deux heures mais il reste planté là, comme si partir sifflait la fin de partie. «Je suis complètement anéanti. A l'heure qu'il est, ç'aurait dû être la fête. Et à cause de ces égoïstes qui ont voté non, que reste-t-il à fêter, hein ? L'austérité de Londres ? Les pro-non ont fait leur choix en ne pensant qu'à leurs propres intérêts. Alors que le oui, c'était un vrai projet de société ! Ils n'ont vraiment rien com




