Pendant des mois, les autorités turques verrouillaient étroitement la frontière avec les zones kurdes de Syrie, tandis qu'elles laissaient passer armes et combattants vers celles passées aux mains des jihadistes. La vaste offensive de l'Etat islamique contre Kobané (Aïn al-Arab), troisième plus grande agglomération kurde syrienne, a changé la donne. Elle a obligé Ankara à ouvrir la frontière aux dizaines de milliers de réfugiés fuyant l'avance des égorgeurs (lire ci-contre). Discrètement, de nombreux volontaires kurdes la traversent en sens inverse pour aller se battre.
Accueillant déjà plus d'un million et demi de réfugiés, la Turquie, pilier du flanc sud-est de l'Otan, se retrouve encore un peu plus impliquée dans ce conflit. Au même moment, les critiques de ses alliés montent contre les ambiguïtés du président islamo-conservateur, Recep Tayyip Erdogan, vis-à-vis de l'Etat islamique, qui avait pris en otage le 11 juin, lors de la conquête de Mossoul, 46 Turcs dont des diplomates et leur famille. Leur libération, samedi, dans des conditions pour le moins floues, risque de relancer les polémiques, alors que jusqu'ici Ankara ne s'est engagé qu'a minima dans la coalition contre l'Etat islamique. Les autorités arguant de la sécurité de concitoyens «retenus», n'employant jamais le mot de «terroristes» pour qualifier leurs geôliers. Le président de la République parle «d'une opération préparée minutieusement et depuis longtemps par les services de renseigneme




