L’impuissance face à l’assaut des égorgeurs de l’Etat islamique contre la ville stratégique kurde de Kobane à la frontière turco-syrienne illustre toutes les contradictions de la très hétéroclite coalition mise en place par Washington et Paris. Les frappes aériennes menées en Irak depuis le 8 août par les Etats-Unis, aidés marginalement par la France depuis le 19 septembre, ont permis de bloquer l’avance des jihadistes. L’offensive contre Erbil, la capitale du Kurdistan, fut stoppée. Le grand barrage de Mossoul, objectif stratégique, fut ensuite reconquis.
Tout en conservant l’essentiel de leurs gains irakiens, les jihadistes ont depuis fait basculer l’essentiel de leurs forces, avec le matériel lourd pris à l’armée irakienne à Mossoul en juin, sur le théâtre syrien dans une attaque massive contre la région kurde. Ils savent que là, les frappes occidentales sont beaucoup plus problématiques. En Irak, elles avaient été demandées par un gouvernement légitime et une résolution du Conseil de sécurité de l'ONU leur donne un cadre juridique irréprochable. Mais rien de tel pour la Syrie, où une résolution serait bloquée par le veto russe. Moscou rappelle que les raids ne peuvent se faire sans l’accord de Damas qui se dit d’ailleurs prêt à coopérer. Mais pour Washington et plus encore pour Paris, il est hors de question de mener des opérations qui pourraient renforcer, ne serait-ce que sur le plan symbolique, le régime de Bachar al-Assad, bourreau de son propre peuple à l’arme chimiq




