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Libération
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La France est-elle vraiment en «guerre» ?

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François Hollande a fini par lâcher le mot à l'ONU. Politiques, sociologues ou militaires ne sont pas forcément d'accord.

Un Rafale sur une base de l'armée française aux Emirats arabes unis, le 25 septembre. (Photo ECPAD. AFP)
Publié le 26/09/2014 à 19h37

Depuis mardi, la France est officiellement en guerre. François Hollande a fini par lâcher le mot à l'Assemblée générale des Nations Unies, à New York, peu avant l'annonce de la décapitation d'Hervé Gourdel en Kabylie par un groupe se réclamant de l'Etat islamique: «Notre meilleure réponse à cette menace, à cette agression, c'est l'unité nationale dans cette guerre, car c'en est une, contre le terrorisme.» Une guerre donc, mais une guerre lointaine, sans troupes au sol, sans front clairement établi ni ennemi constitué en armée. Une guerre menée par une coalition d'Etats contre un groupe qui revendique en être par son nom, Etat islamique, d'ailleurs contesté. Les bombardements, certes peu nombreux côté français (deux frappes et une douzaine de missions de reconnaissance depuis le 15 septembre), sont eux bien réels. Les images en attestent :

Cela fait-il une guerre? La réponse serait simple si la définition l'était. Or s'il existe plusieurs définitions en droit international de «l'état de guerre» ou du «conflit armé», il n'y a pas de définition universelle de la guerre. On peut remonter dans l'histoire et citer celle d'Alberico Gentilis, juriste italien de la fin du XVIe siècle: «La guerre est un conflit armé, public et juste.» Ou, plus tard, celle de Gaston Bouthoul, sociologue de la guerre: «Une forme de violence qui a

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