Menu
Libération
Décryptage

Ankara rejoint la coalition à reculons

Réservé aux abonnés

Les Kurdes dénoncent les ambiguïtés d’Erdogan sur ses relations avec les jihadistes.

Publié le 30/09/2014 à 20h06

Le parlement turc doit discuter aujourd’hui d’une motion autorisant une intervention en Syrie contre l’Etat islamique. Après de longues hésitations, Ankara rejoint la coalition alors même que l’offensive jihadiste contre la ville kurde de Kobané (Aïn al-Arab) à la frontière turco-syrienne, souligne les ambiguïtés dans cette crise de l’AKP, le parti islamo-conservateur au pouvoir depuis novembre 2002

Les autorités turques s’engagent- elles réellement contre l’EI ?

Pilier du flanc sud-est de l'Otan, la Turquie justifiait sa prudence face à l'EI et son refus d'ouvrir sa grande base d'Incirlik (sud) aux avions de la coalition par la nécessité de préserver la vie des 46 otages pris en juin au consulat turc de Mossoul par les jihadistes. Après leur libération négociée, le 20 septembre dernier, Ankara a amorcé un revirement de sa position. «Nous serons là où nous devons être ; nous ne pouvons rester en dehors de cela», a ainsi déclaré le président, Recep Tayyip Erdogan, l'homme fort de l'AKP, de retour des Etats-Unis. «C'est avant tout un pragmatique qui peut changer d'attitude très vite mais sur l'EI, il reste ambigu d'autant qu'une partie la base la plus islamiste de l'AKP voit malgré tout les jihadistes comme de vrais musulmans sunnites, des enfants certes terribles, mais qui font quand même partie de la famille», analyse Ahmet Insel, universitaire et directeur de la prestigieuse revue Birikin. Soutenant d'abord Assad en espérant qu'il «écoute son peuple», Recep Tayyip Erdogan avait rapidement pris fait en c

Dans la même rubrique