«Je passe ma journée à bouillir de l'eau. Comme au bon vieux temps. J'ai grandi sans eau chaude dans ma ville natale. Je sais faire sans, même si ça me rend folle», soupire Ioulia Lagoutiva, habitante du quartier Berezniaky de Kiev où il n'y a plus d'eau chaude depuis des semaines. «Certains districts ont de l'eau chaude, d'autres non. Personne ne comprend le système. Mais la municipalité a une excuse : ils ont prévenu que l'hiver serait rude», ajoute-t-elle. En application d'un «régime d'économie de gaz» adopté par le Parlement, la mairie de la capitale ukrainienne impose des restrictions aux utilisateurs du dispendieux système centralisé. «On ne sait pas encore si cela va s'étendre au chauffage. Mais on s'inquiète de l'état des fenêtres», s'inquiète Ioulia.
Engagé dans une énième joute gazière avec la Russie depuis l'arrêt des livraisons le 16 juin, le gouvernement ukrainien s'emploie à diversifier les sources d'approvisionnement de gaz et de charbon ou à encourager la consommation de biomasse et de mazout. Mais cela ne suffit pas. Le mot d'ordre, c'est l'économie. Les annonces de privations énergétiques se multiplient à travers le pays. Dans les régions occidentales de Lviv et Ivano-Frankivsk, les vacances scolaires s'étaleront ainsi de début décembre à fin janvier, afin de ne pas avoir à chauffer les écoles. Pour Anna Iermakovitch, habitante d'un quartier périphérique de Kiev, la solution a été simple : «2 000 hryvnias [122 euros], un chauff




