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Libération
Reportage

Dans l’ouest de l’Ukraine, les limites de la solidarité nationale

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A Lviv, les ordres de mobilisation militaire doublés de la venue de milliers de réfugiés du Donbass commencent à piquer jusqu’aux plus patriotes.

A Lviv, le 18 juillet, les obsèques d'un soldat ukrainien mort en opération contre les prorusses. (Photo Yurko Dyachysyn. AFP)
ParSébastien Gobert
Envoyé spécial à Lviv
Publié le 03/10/2014 à 19h46

«Je comprends très bien que les jeunes ne veulent pas se battre dans le Donbass. Nous avons de très bons officiers mais ils sont bridés par les politiques.»

Dans le centre de Lviv, dans l’ouest de l’Ukraine, Petro Chkoutiak se redresse sur le canapé de restaurant où il est à moitié allongé. Enrôlé volontaire dans le bataillon «Aïdar», il a été blessé par un éclat de mortier le 20 juillet. Sa jambe est encore immobilisée. L’homme n’est pas surpris du faible succès de la troisième vague de mobilisation partielle, effectuée de fin juillet à début septembre.

«Nous avons perdu beaucoup de gars là-bas. Quand on voit la manière dont le Président et le Parlement gèrent la situation… C’est perturbant.»

Dans la section militaire du prestigieux cimetière Lychakiv, sorte de Père-Lachaise lvivien, ce sont déjà quatorze petits monticules de terre, recouverts d'impressionnantes gerbes de fleurs et de bougies, qui abritent les corps des nouveaux «héros nationaux». Les défaites ukrainiennes de la fin de l'été, particulièrement meurtrières, ont dissuadé les plus patriotes. La défiance à l'égard de la chaîne de commandement a augmenté d'autant que les forces armées ne sont toujours pas aptes à assurer pleinement l'habillement et l'alimentation des troupes, encore partiellement dépendantes de donations citoyennes. «Je n'ai rien à faire là-bas», se défend Oreste Pankevytch. Jeune père de famille, il souhaite la victoire de son pays «envahi par la Russie», mai

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