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Libération

Le deux poids, deux mesures de l’Occident

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La situation de la troisième ville kurde de Syrie est révélatrice des contradictions de la coalition internationale vis-à-vis de ce peuple.

Publié le 08/10/2014 à 20h06

L'avancée des jihadistes de l'Etat islamique dans la ville kurde de Kobané est le révélateur de toutes les limites de la stratégie suivie par la coalition et de ses contradictions internes. Il y a l'évidence de l'effet réduit des frappes aériennes, mais aussi les limites politiques de l'engagement notamment vis-à-vis des Kurdes. «Nous ne voulons pas considérer que le seul ami du Kurde est le Kurde mais la Turquie comme les Occidentaux agissent en sorte de nous forcer à penser de la sorte», regrette Osman Baydemir, ancien maire de Diyarbakir, la capitale des Kurdes de Turquie. Il se réfère à un vieux dicton :«Le seul ami du Kurde est la montagne.» En témoigne amplement l'histoire tourmentée de ce peuple de quelque 30 millions de personnes sur un territoire homogène, avec plus ou moins la même langue, mais toujours privé d'Etat et vivant écartelé entre la Turquie (15 millions), l'Irak (5 millions), la Syrie (1,5 million) et l'Iran (5 millions).

Volonté. Depuis le démantèlement de l'Empire ottoman après 1918, les Kurdes ont sans cesse été utilisés puis trahis par les puissances régionales et les Occidentaux. Et cela s'est à chaque fois traduit par des massacres, notamment en Irak où le régime de Saddam Hussein a menacé d'un véritable génocide à la fin des années 80 en utilisant, comme à Halabja, les gaz contre les populations civiles. C'est pour cela qu'après le soulèvement kurde qui suivit la première guerre du Golfe en 19

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