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Décryptage

Yves Rocher, pierre angulaire dans un procès fait à l’opposition russe

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Publié le 12/10/2014 à 19h56

Le célèbre blogueur et opposant russe Alexeï Navalny devra rester cloîtré chez lui et privé d'Internet pendant encore trois mois, jusqu'au 14 janvier, a statué vendredi le tribunal moscovite qui le juge actuellement pour «escroquerie». Activiste anticorruption, décrit en 2012 comme «l'homme que Poutine redoute le plus», Alexeï Navalny est accusé, avec son frère Oleg, qui dirigeait une société d'expédition, d'avoir volé 600 000 euros à la filiale russe d'Yves Rocher.

Yves Rocher est-il responsable des poursuites contre Navalny ?

Aussi bizarre que cela puisse paraître, le roi de la cosmétique végétale est bien à l'origine des charges les plus graves contre Navalny, qui lui font aujourd'hui risquer jusqu'à dix ans de camp. Yves Rocher, qui a pignon sur les «Champs-Elysées de Moscou» depuis 1991 et fait de la Russie son deuxième marché mondial - après la France -, a déposé plainte en décembre 2012 pour dénoncer les «pertes majeures» que son contrat avec la société des frères Navalny lui aurait fait subir. A l'époque, Alexeï Navalny était déjà un opposant célèbre pour sa dénonciation du «parti des escrocs et des voleurs» - celui de Poutine -, et d'autant plus redouté qu'il jouait aussi sur la fibre nationaliste russe, comparant une fois les Caucasiens à des cafards. Faire des affaires en Russie oblige à soigner ses relations avec les autorités, locales et nationales. Cela expliquerait que la filiale russe d'Y

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