Ils sont assis en cercle à la manière d’un conseil de guerre. Une vingtaine de personnes tout au plus, à se passer de main en main un mini-haut-parleur pour prendre la parole, à s’écouter, à s’interroger, à soumettre au vote les suggestions de tel ou tel. Cela prendra le temps qu’il faudra, mais les membres de cette petite assemblée épuiseront méthodiquement l’ordre du jour, étudieront de près chaque point, s’échineront à dégager un consensus au terme de longs débats. Des étudiants, des adultes, des retraités, trois générations réunies. Leur ton est déterminé, on sent qu’ils ont un objectif commun et qu’ils n’y renonceront pas.
Tumulte festif
Nous sommes sur la place 2 de Mayo, dans le quartier madrilène de Malasaña, symbole de la résistance contre les Français en 1808 et emblème de la célèbre movida des années 80. Chaque semaine, qu'il vente ou qu'il pleuve, la réunion prend place ici, face à la grille protégeant les statues en marbre de deux généraux rebelles aux soldats napoléoniens, Daoz et Verlarde. Ce doux jeudi soir d'automne, vers 20 heures, règne ce tumulte festif propre à l'Espagne où fusent cris et rires. Alfredo, un professeur de 52 ans, mobilise ses troupes : «Dans deux mois, aura lieu l'assemblée constituante. D'ici là, à nous d'apporter nos idées et nos amendements aux documents proposés par le secrétariat général. Le travail de la base, c'est ce qui nous rend différents et dangereux pour le système en place, c'est là notre force. Alors, pas de temps à perdre !»
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