Jeudi, à trois jours du scrutin législatif en Tunisie, plusieurs accrochages violents ont ravivé les craintes d'une déstablisation : un échange de tirs entre la police et deux «éléments terroristes» a eu lieu à Kébili (Sud). Un civil, gardien d'une société, a été tué. L'arrestation des deux hommes armés et leurs aveux ont conduit les forces de l'ordre à lancer un assaut contre une maison à Oued Ellil, à la périphérie de Tunis. Un agent est mort, touché par une balle. Des événements qui, sans déstabiliser le processus, alimentent l'inquiétude.
Trois ans après les premières élections libres, la Tunisie s’apprête, dans une atmosphère bien moins exaltée, à retourner aux urnes. D’abord ce dimanche, pour choisir 217 députés. Puis, le 23 novembre, pour le premier tour de la présidentielle. Une séquence qui doit signer la fin des institutions provisoires.
En 2011, les élections avaient été houleuses, marquées par la surenchère identitaire et religieuse. Cette fois, «c'est une campagne sans débats», note le politologue Jérôme Heurtaux : «Ennahda [le parti islamiste, ndlr] veut désamorcer la bipolarisation et considère que la question a été tranchée par la nouvelle constitution, c'est malin.» «Il n'y a pas de différences notables dans les programmes, tous affichant leur bonne volonté pour réduire le chômage, les déséquilibres régionaux, la pollution…», ajoute le constitutionnaliste Ghazi Gherairi.
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