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En haut de la pile

Le retour des guerres de religion ou le grand malaise de la diplomatie

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Le 13 mai 2012, à Paris, lors d'un défilé anti-Hollande initié par Civitas. (Photo Bruno Charoy)
Publié le 26/10/2014 à 19h56

On attribue à André Malraux la phrase apparemment apocryphe mais désormais célèbre «le XXIe siècle sera religieux ou ne sera pas». Elle est en tout cas visionnaire. C'est vrai dans le monde musulman, avec le conflit toujours plus violent entre chiites et sunnites ou la montée de l'islamisme radical, mais aussi en Occident, avec l'explosion de populismes qui, comme aux Etats-Unis avec le Tea Party ou en France avec la Manif pour tous, se réfèrent toujours plus explicitement à la bigoterie. «Nombre de crises actuelles restent inintelligibles et d'ailleurs insolubles si le fait religieux n'est pas pris en compte», souligne Laurent Fabius, dans l'introduction de la Diplomatie au défi des religions, recueillant les actes d'un très riche colloque de novembre 2013 que le ministre avait commandité, organisé par le Ceri Sciences-Po, l'Institut européen en sciences des religions et le Quai d'Orsay.

«Les partis communistes étaient certains, dans les années 50, de mettre la religion au musée. C'est la religion qui les a mis au musée», relève Regis Debray dans l'une des contributions de cet ouvrage, dont l'un des grands mérites est de restituer la problématique dans une perspective historique. Les Etats modernes et les relations interétatiques telles que nous les connaissons sont nés du dépassement des guerres de religions du XVIe et XVIIe siècle. D'où la difficulté, pour les diplomaties, de prendre en compte le religieu

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