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Portrait

Iatseniouk, timide libéral devenu héros du Maidan

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Le Premier ministre est le grand vainqueur des législatives de dimanche en Ukraine. Va-t-en-guerre, il a su à la fois prendre ses distances avec Ioulia Timochenko et le président Porochenko.

Arseni Iatseniouk à proximité de Lviv, le 21 octobre. (Photo Andrew Kravchenko. Reuters)
Publié le 28/10/2014 à 19h46

Arseniy Iatseniouk, dont le parti est arrivé en tête des législatives ukrainiennes, est celui que nul n’attendait. Le gringalet binoclard à la triste figure, qui avait arpenté transi et emmitouflé l’estrade du Maidan pendant toute la révolution, récolte aujourd’hui les fruits de son engagement politique aux côtés des jeunes proeuropéens. Figure de proue de Batkivchtchina - le parti de Ioulia Timochenko, égérie de la Révolution orange jetée en prison par les prorusses après sa défaite à la présidentielle -, le timide économiste de 40 ans avait été nommé, un peu par défaut, Premier ministre par intérim du gouvernement formé le 27 février, quelques jours après la fuite de l’ex-président Viktor Ianoukovitch.

Périls. Il faisait partie du trio de leaders de la révolution, aux côtés de Vitali Klitschko, le champion de boxe fondateur du parti Oudar («coup de poing»), et de Oleg Tiagnibok, le chef de Svoboda, un parti d'extrême droite converti à l'européanisme. Conscient des périls auxquels il s'exposait, l'homme s'était écrié : «Entrer dans ce gouvernement, c'est un suicide politique. Il faut être franc.» Huit mois plus tard, ces faiseurs de révolution ont connu des destins divers. Klitschko a été élu maire de Kiev en mai. Principal allié du président Petro Porochenko, son parti aux contours mal définis s'est pratiquement fondu dans le Bloc Porochenko, arrivé second aux législatives de dimanche.

Tiagnibok, tête de liste de Svoboda, n’est

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