Menu
Libération
Analyse

Le grand gâchis américain

Réservé aux abonnés

Les dernières élections de l'ère Obama se sont déroulées dans un climat irrationnel, miroir inversé de l'adulation dont il était l'objet en 2008.

Dans un bureau de vote de Washington, le 4 novembre. (Photo Saul Loeb. AFP)
Publié le 05/11/2014 à 6h40

La présidence Obama s'achève dans l'irrationnel, comme elle avait commencé, mais surtout le dégoût et la frustration. En perdant leur dernier bastion de Washington, le Sénat, les démocrates ont encaissé ce mardi une déroute qui n'est que partiellement méritée : l'économie américaine est en plein redressement et les électeurs pratiquement aussi écœurés des républicains qu'ils ont fait triompher, que des démocrates, une nouvelle fois rossés. Les dernières élections de l'ère Obama achèvent surtout d'enterrer les immenses espoirs soulevés en 2008 par un candidat qui se voulait non seulement «post-racial» mais aussi «post-partisan».

Il est «normal», ou du moins «habituel» aux Etats-Unis que le parti du Président encaisse un revers à ces élections de mi-mandat, surtout celles de la fatale «sixième année», rappellent les historiens. Ce qui l’est moins, c’est l’irrationalité complète avec laquelle les Américains démolissent depuis 2010 déjà un président dont eux-mêmes, et le reste du monde, avaient fait un Dieu en 2008. Le plus puissant argument des Républicains dans cette campagne, qui les a menés à la victoire, aura été, une fois encore, de taper sur Obama, son «Obamacare» (sa laborieuse réforme de l’assurance maladie qui devait être la mesure phare de sa présidence) et son manque général de «leadership». Barack Obama n’était sur aucun des bulletins de vote ce mardi mais son épouvanta

Dans la même rubrique