La présidence de «l'espoir et du changement» s'achève en blocage et désillusion. Déjà président du gridlock, comme on appelle le blocage politique à Washington, depuis que les républicains ont pris le contrôle de la Chambre des représentants en 2010, Barack Obama risque de terminer son second mandat plus paralysé que jamais après la perte, mardi, de sa dernière majorité à Washington, celle du Sénat. «Obama est maintenant un vrai canard boiteux», titrait hier le site du groupe McClatchy, lui décernant avec deux ans d'avance ce titre de «lame duck» d'ordinaire attribué aux présidents américains en toute fin d'exercice, lorsque leur successeur est déjà élu et qu'ils ne font plus que classer leurs dossiers à la Maison Blanche.
Dans l'un de ces paradoxes qui font tout le charme de la politique américaine, les électeurs ont pris le risque, pour ces élections de mi-mandat, d'aggraver encore l'impuissance de Washington qu'ils dénoncent à longueur de sondages. Elu en 2008 sur un programme particulièrement ambitieux, qui promettait de moderniser l'Amérique et même de «guérir la planète» entière, Barack Obama va achever ses deux dernières années de présidence les mains liées, obligé de composer avec des républicains qui ont juré sa perte. Même son pouvoir de nomination, qui lui a permis de placer un certain nombre de juges progressistes à différents échelons clés, sera limité, l'approbation du Sénat étant requise. Sa politique étrangère sera




