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Décryptage

Le TPIY relâche Vojislav Seselj et crée un cas de conscience en Serbie

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Publié le 10/11/2014 à 19h26

«Je ne viens pas en Serbie pour me soigner mais pour me venger.» Bientôt mis en liberté provisoire par le Tribunal pénal international en raison de son cancer, le très vindicatif ultranationaliste serbe Vojislav Seselj, 60 ans, détenu sans verdict à La Haye depuis février 2003, est certainement le plus encombrant des personnages politiques que doit accueillir la Serbie. Alors que les juges ont décidé de le relâcher jeudi, il ne sera pas à Belgrade avant ce mardi pour ne pas porter ombrage à une autre visite, historique cette fois, que faisait lundi le Premier ministre albanais, Edi Rama. L'enjeu était d'importance puisqu'il s'agissait de la première rencontre au sommet depuis celle des deux dictateurs communistes en poste à Belgrade et à Tirana, Josip Broz Tito et Enver Hoxha… en 1946. Bien que leurs relations soient grevées par le dossier du Kosovo - l'ex-province serbe peuplée d'Albanais devenue indépendante en 2008 sans que cette indépendance soit reconnue par Belgrade -, les deux pays ont décidé de les normaliser pour montrer à Bruxelles qu'ils sont de sérieux candidats à l'adhésion à l'Union européenne.

Pourquoi le TPIY relâche-t-il Seselj ?

Les juges ont décidé de relâcher Seselj en attente de son jugement pour «donner à l'accusé l'opportunité de recevoir un traitement [médical] dans l'environnement le plus approprié». L'an dernier, le tribunal de La Haye avait déjà proposé de remettre en liberté l'homme qui souffre

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