On croyait les Européens venus au Kosovo enseigner la vertu, la règle de droit, les droits humains, et voilà qu’ils se sont laissé contaminer par ces Balkans corrompus où l’Union européenne a envoyé, en 2008, la plus importante mission de son histoire. Telle est en substance, vue des capitales européennes, la leçon du scandale qui vient de se produire à Pristina où un ancien juge italien, une procureure tchèque et un procureur canadien sont mis en cause dans une affaire de corruption impliquant des criminels mais aussi de hauts responsables kosovars. On découvre dans ce quasi-thriller dévoilé par la presse que le magistrat italien Francesco Florit, chef du collège des juges européens, aurait communiqué, via des intermédiaires, avec un ancien conseiller du ministère de la Santé poursuivi pour abus de pouvoir, et qu’il serait intervenu pour relâcher un suspect accusé de meurtre ; sa collègue tchèque Jaroslava Novotna aurait fait passer à la trappe des enquêtes criminelles en cours, notamment celle concernant l’ancien ministre des Transports et ancien commandant de l’UCK, Fatmir Limaj, compromis dans des affaires de corruption et de crimes de guerre ; enfin, leur confrère canadien Jonathan Ratel aurait tout fait pour étouffer l’affaire.
Une quatrième magistrate, la procureure britannique Maria Bamieh, celle par qui le scandale est arrivé, est à ce jour la seule à payer les pots cassés. Elle a été suspendue de son poste. «Il ne s'agit pas d'une punition, elle touche son plein




