Le G20, instance vaine et molle, aura eu le mérite de dire son fait à Poutine. Oui, la Russie fait la guerre à l'Ukraine et cette agression a un coût élevé pour son économie et son statut diplomatique. Les dirigeants du monde ont chacun joué leur partition, en mode majeur et claironnant pour les leaders anglo-saxons, plus tempéré pour Hollande ou Merkel. Mais sur le fond, après 4 000 morts, un avion civil abattu par la DCA russe et des mois d'atermoiements, le message est semble-t-il passé, forçant le président KGBiste et culturiste à quitter le G20. Poutine, par sa politique agressive en Ukraine, s'isole et isole son pays. Comment le porte-parole de Poutine à Brisbane peut-il nier que ce sont des troupes russes mal maquillées qui sont à la manœuvre dans l'est de l'Ukraine ? Que seraient les soudards «séparatistes» sans le soutien armé de Moscou ? Avec l'Ukraine, le président russe s'est fait de l'Europe un ennemi. Comme l'explique l'historien Timothy Snyder dans nos pages Rebonds, «Poutine a précipité une rupture avec l'Ouest qui, du point de vue de la protection des intérêts basiques de la Russie, n'a aucun sens ; on peut difficilement la considérer comme un chef-d'œuvre de pensée stratégique». Peut-on encore sauver le tsar, et surtout son pays, de cette bévue cardinale ? Tout en restant intransigeant avec Moscou et en apportant tout son soutien à l'Ukraine, l'Europe doit tenter de renouer le dialogue avec son grand voisin, d'autant plus qu'il est égaré e
EDITORIAL
Guerre
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Publié le 16/11/2014 à 18h36
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