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Klaus Iohannis, un président surprise pour la Roumanie

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Issu de la minorité allemande, ce chrétien-démocrate très discret a battu le Premier ministre, Victor Ponta.

Le leader de la droite roumaine Klaus Iohannis, vainqueur de la présidentielle, salue ses partisans, le 16 novembre 2014 à Bucarest (Photo Andrei Pungovschi. AFP)
Publié le 17/11/2014 à 14h21

Il a le sourire irrésistible de John Kennedy, mais il est loin d’en avoir le charisme. Klaus Iohannis parle lentement, montre peu ses émotions et il est mal à l’aise devant les caméras. Sa personnalité taciturne ne l’a pourtant pas empêché de remporter, à la surprise générale, la présidentielle roumaine dimanche, infligeant avec 54% des voix, une cinglante défaite au Premier ministre social-démocrate Victor Ponta.

Issu de la très respectée minorité allemande de Roumanie, le chrétien-démocrate âgé de 55 ans est une sorte d’Ovni dans le monde politique local. Ancien professeur de physique, il est entré en politique voici quinze ans, lorsque − créant déjà la surprise − il était devenu maire de Sibiu, une cité médiévale de Transylvanie. Bon gestionnaire, il a fait de cette petite ville l’une des principales destinations touristiques du pays.

Très discret, il ne parle presque jamais de sa vie privée et essaie d’éviter à tout prix les polémiques. «Quitte à perdre cette élection, je ne peux pas être impoli», affirmait-il voici quelques jours. Des journalistes lui avaient alors demandé d’être un peu plus offensif face aux attaques de ses adversaires, l’accusant de ne pas être un «vrai Roumain», de ne pas avoir la «bonne» confession (il est luthérien alors que 90 % des Roumains sont orthodoxes), de ne pas avoir d’enfants…

Comment ce personnage tellement atypique a-t-il pu enthousiasmer les Roumains a contrario de ce qu’annonçaient les sondages ? «Ce n’est pas tant son mérite que l’accum

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