Alors que le conflit en Ukraine a déjà fait 4 100 morts depuis mars, aucun homme politique et même peu de médias (mis à part ceux d'Ukraine) ne parlent ouvertement de guerre. Ils préfèrent le pudique terme de «crise ukrainienne», car qui dit crise dit solution (alors que qui dit guerre dit action).
Pourquoi reparle-t-on soudain de négociations en Ukraine ?
A l'Est comme à l'Ouest, et même en Ukraine, la majeure partie des acteurs s'accorde à dire qu'il n'y a pas de solution militaire. Il est clair que Moscou ne laissera pas choir les séparatistes de Lougansk et Donetsk. Vladimir Poutine lui-même l'a dit dans un entretien avec la chaîne allemande ARD: «Les autorités centrales de Kiev veulent détruire tous leurs opposants politiques. Nous ne laisserons pas cela se produire.» Et il est clair aussi que les Occidentaux n'iront pas exercer des pressions militaires contre une puissance nucléaire. Il n'est donc pas étonnant qu'une fois passée l'indignation soulevée par l'arrivée en masse, au début du mois, de matériel militaire russe dans les régions de l'Est ukrainien sous contrôle séparatiste (3% du pays), les diplomates réclament le retour au dialogue.
Quels sont les projets ?
Kiev veut internationaliser l’affaire alors que Moscou, qui fait comme s’il s’agissait d’une simple dispute entre Ukrainiens, entend faire asseoir les dirigeants de Kiev avec les chefs séparatistes dont ils reconnaisse




