La prison ou la réinsertion ? A Aarhus, deuxième ville du Danemark, dans l’ouest du pays, les jeunes qui rentrent de Syrie ont le droit à une seconde chance. Le programme de réhabilitation, inspiré des mesures qui existent depuis longtemps en Scandinavie pour accompagner les repentis néonazis, est coordonné par la municipalité, les services sociaux et les forces de police. Mais dans un pays où une majorité croissante de l’opinion publique demande un durcissement des sanctions à l’encontre des apprentis jihadistes, le «modèle d’Aarhus» ne fait pas l’unanimité.
Depuis 2013, trente jeunes, la plupart ayant entre 20 et 25 ans, ont quitté cette ville de 300 000 habitants de la province du Jutland, pour aller combattre en Syrie. Seize sont rentrés. Quelques-uns y sont encore, les autres sont morts. «Tant que nous n'avons pas de preuves indiquant que ceux qui reviennent ont participé à des activités illégales, nous ne pouvons pas les poursuivre en justice», constate Jørgen Ilum, commissaire principal d'Aarhus. Pour le chef de la police, il n'y a donc pas d'alternative au programme de déradicalisation : «La plupart ont perdu toutes leurs illusions. Nous ne voulons pas les laisser dériver dans la société.»
Les services de police contactent les jeunes dès leur retour au Danemark. Un rendez-vous est organisé très vite, en présence d'un psychologue, des représentants de la marie et des services sociaux. Les informations recueillies sont transmises aux services s




