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Analyse

Barack Obama pris au piège de ses racines

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Tourmenté par la question de l’identité, le chef de l’Etat a pourtant veillé à ne jamais apparaître comme le «président des Noirs». Une stratégie qui explique son échec à construire cette «Amérique post-raciale».

Publié le 28/11/2014 à 19h46

Avec Barack Obama, le combat antiraciste s'est installé à la Maison Blanche, sous forme de tableaux, sculptures et petites phrases. Peu après son installation au 1 600 Pennsylvania Avenue, le premier président noir américain a placé un buste de Martin Luther King dans le Bureau Ovale et fait reproduire une de ses citations sur un tapis : «L'arc de l'univers moral est long mais il tend vers la justice.» Dans un des couloirs qui mène au bureau présidentiel, Obama a fait accrocher aussi en 2011 un des tableaux les plus emblématiques de la lutte pour la déségrégation aux Etats-Unis, une peinture de Norman Rockwell qui montre une petite fille noire en robe blanche, escortée par quatre gardes pour aller à l'école. Derrière la fillette qui serre ses cahiers, le mur hurle encore une insulte : «Nègre».

S'il est un sujet qui a torturé et façonné Barack Obama, jusqu'à le porter à la Maison Blanche, c'est bien cette question des «races», comme on dit toujours aux Etats-Unis. Dans son grand discours de mars 2008 sur la «longue marche» de l'Amérique, le candidat de l'espoir et du changement avait fait croire qu'il pourrait sortir son pays de «l'impasse raciale» où il la voyait encore.

Velléitaire. Six ans plus tard, les tragédies de Ferguson ou de Cleveland viennent rappeler que cette promesse aussi était présomptueuse. «La situation

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