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L’exercice du pouvoir ou les limites du populisme

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Publié le 03/12/2014 à 18h56

C'est le dilemme de tout parti populiste : doit-il rester dans l'opposition et capitaliser sur le mécontentement des électeurs, ou bien gouverner et risquer de les décevoir ? Pour le premier anniversaire de son entrée au gouvernement, le Parti du progrès norvégien (Fremskrittspartiet, FrP) aurait pu rêver mieux : sa patronne, Siv Jensen, ministre des Finances, a dû reporter le vote du budget en raison de divergences entre la coalition gouvernementale, composée du FrP et des conservateurs, et ses alliés parlementaires. La présentation du texte, début octobre, a mis le feu aux poudres. En cause : le volet social du budget, qui prévoit notamment une baisse des aides sociales, alors que le ministère des Finances annonçait conjointement une diminution de l'impôt sur la fortune, profitant aux 5% des Norvégiens les plus riches. Sur les réseaux sociaux, les électeurs ont dénoncé le budget «le plus antisocial» de l'histoire du pays.

Début novembre, un sondage révélait que le FrP, qui a remporté 16,3% des voix en 2013, ne bénéficiait plus que du soutien de 9,5% des électeurs (son score le plus faible depuis 1995). Pour le politologue Bernt Aardal, ce n'est pas une surprise : «Le FrP a attiré les déçus des autres partis qui le considéraient comme leur dernier espoir. N'ayant jamais gouverné, il n'était pas associé à l'establishment. Ses électeurs avaient des attentes irréalistes, même si le parti a aussi sa part de responsabilité, en ayant fait des promesses qu'il n'était p

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