Considéré comme le premier haut responsable d'Al-Qaeda capturé par les Américains, le Palestinien Abou Zoubeida est le premier à être passé par les prisons secrètes de la CIA après le 11 septembre 2001. Une sorte de cobaye sur lequel l'agence a testé plusieurs méthodes de torture, dont le waterboarding (simulation de noyade), l'alimentation rectale ou l'enfermement dans des boîtes de taille réduite. Son parcours d'une geôle à l'autre de la CIA illustre à la fois la brutalité des méthodes de l'agence dans sa «guerre contre le terrorisme», ses mensonges entretenus jusqu'à la Maison Blanche et au Congrès et l'inefficacité de ses méthodes.
Halogènes. Le nom d'Abou Zoubeida apparaît près de 1 200 fois dans le résumé de l'épais rapport du Sénat américain, publié mardi, sur la torture menée par la CIA sur les détenus de «haute valeur» entre 2002 et 2008. «AZ» a été arrêté en mars 2002 au Pakistan. Il a alors 30 ans, il est blessé par balles. La CIA le soupçonne d'avoir dirigé des camps d'entraînement d'Al-Qaeda et préparé les attentats du World Trade Center. Pour échapper au cadre légal régissant le traitement des détenus sur le territoire américain, Zoubeida est rapidement transféré dans une prison secrète en Thaïlande. Là, il passe quarante-sept jours à l'isolement, le plus souvent nu, dans une cellule sans fenêtre éclairée en permanence par quatre halogènes diffusant une lumière blanche. Des bruits de générateurs ou




