C’est un véritable tournant dans la guerre implacable que mène depuis un an le président turc islamo-conservateur Recep Tayyip Erdogan contre la confrérie islamiste du prédicateur septuagénaire Fetullah Gulen, réfugié en Pennsylvanie depuis 1998, qui fut longtemps son principal allié avant de devenir son adversaire le plus déterminé.
L'opération qui s'est déroulée ce dimanche à l'aube simultanément dans 14 villes turques, mobilisant quelque 8000 policiers, a mené à l'interpellation d'une trentaine de personnes, principalement des journalistes. Parmi eux, Ekrem Dumanli, rédacteur en chef de Zaman, premier quotidien du pays et fleuron de l'empire médiatique des «gulenistes», ainsi qu'Hidayet Karaca, directeur de Samanyolu, la principale télévision de la confrérie. Ils sont notamment accusés «d'avoir formé un groupe pour tenter de s'emparer de la souveraineté de l'Etat».
Le président Erdogan avait menacé vendredi «d'aller traquer ce gang dans ses derniers repaires. Quels que soient ceux qui se tiennent à leurs côtés, derrière eux, nous détruirons ce réseau et le forcerons à rendre des comptes». Le Premier ministre Ahmet Davutoglua a renchéri : «Aujourd'hui, est un jour test. Ils vont tous payer pour ce qu'ils ont fait et leur comportement antidémocratique». Nul ne doute qu'il ne s'agit que d'un début.
Longtemps toute puissante dans la justice et la police, fer de lance ces dix dernières années dans la remise au pas de l'armée et des opp




