Menu
Libération

Pologne, Lituanie et Roumanie, complices des supplices

Réservé aux abonnés

Les juridictions nationales et européenne peinent à poursuivre ceux qui ont permis les «sites noirs» de la CIA dans ces trois pays de l’Est.

Publié le 14/12/2014 à 19h56

«Quelquefois, vous devez savoir dire non, même à votre meilleur ami.» Cette boutade de Tomasz Siemoniak, l'actuel ministre de la défense de Pologne, contient sans doute les seuls mots de regret que prononcera Varsovie après avoir été une nouvelle fois désigné comme un des trois pays membres de l'Union européenne qui a abrité un centre de détention secret de la CIA ayant pratiqué la torture. Le rapport du Sénat américain sur les méthodes de l'agence, qui n'épingle pas que la Pologne, embarrasse bien évidemment l'Europe, et en premier lieu la Commission européenne, qui reste partagée entre son désir de ménager l'allié américain et les droits de l'homme sur lesquels elle s'est censément bâtie depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale.

«Pays hôtes». Le Parlement européen s'est saisi il y a déjà des années de cette collaboration entre Etats européens et CIA révélée par le Washington Post, qui avait établi que de nombreux vols secrets transportant des détenus avaient transité par l'Europe. Il a alors enquêté, et dressé un rapport qui, dès 2007, a exigé des gouvernements mis en cause qu'ils fassent toute la lumière sur ces faits. Voilà ce que disait ce document adopté en février 2007 : «Selon le rapport de M. Claudio Fava [Parti socialiste européen, Italie, ndlr], au moins 1 245 vols affrétés par la CIA ont survolé l'espace aérien européen ou ont fait escale dans des aéroports européens entre la fin 2001 et la fin 2005. D

Dans la même rubrique