«Il y a deux roubles je me suis fait un café, il est encore chaud.» C'est l'une des nombreuses blagues qui circulaient sur le Net mardi, alors que la monnaie russe continuait sa chute vertigineuse, malgré une intervention musclée de la Banque centrale russe.
Après un «lundi rouge», quand le rouble a battu tous ses records de faiblesse en dévissant de 10% (l'euro a atteint 80,09 roubles contre 72,81 la veille au soir et le dollar 64,23 roubles contre 58,18), la Banque centrale a annoncé, dans la nuit de lundi à mardi, une hausse à 17% de son taux directeur, contre 10,5% auparavant. Mais le répit n'a été que de courte durée : après avoir légèrement rebondi à l'ouverture des marchés, le rouble a repris sa dégringolade effrénée, pour descendre sous le seuil inédit de l'euro à 100 roubles et du dollar à 80 roubles à la mi-journée mardi, puis se fixer à respectivement 91,20 et 72,80, à 18 heures (heure de Moscou).
«Nouvelle zone». Le marché des devises s'affole. Les Russes, eux, retiennent leur souffle. Les files d'attente devant les bureaux de change se font de plus en plus longues. En voyant leurs économies en roubles fondre d'heure en heure, les gens se précipitent pour acheter ce qu'il reste de devises. Depuis le début de l'année, la monnaie russe a perdu 42% de sa valeur face à l'euro et 49% face au dollar, malgré les interventions quasi quotidiennes de la Banque centrale, qui a déjà dépensé plus 8 milliards de dollars rie




