Voir la main de la Corée du Nord derrière l’attaque de Sony a un avantage : on retrouve un monde binaire et connu, où les méchants ont des têtes de méchants. L’accusation est presque rassurante. Car se dessine, par l’ampleur des destructions du système informatique du studio et la motivation, plus que floue, de ceux qui sont derrière, une autre piste, aussi crédible mais plus inquiétante. Elle ne ressemble à rien de connu. Volonté de dynamiter le système en montrant ses rouages internes ? Atteinte à la liberté d’expression ? Les deux, ou aucun des deux ? Acte de cyber-vandalisme, de cyber-intimidation, il joue sur la peur et la destruction, et dessine un monde qui perd sa capacité à fonctionner. Un nouveau monde. Le nôtre. On le sait depuis longtemps, nos communications, comme la sécurité et les secrets des grandes entreprises, ont toujours été vulnérables à des attaques menées par des groupes informels pas forcément pointus techniquement. Elles étaient difficiles à tracer, mais le but des attaquants (voler de l’argent, des numéros de cartes de crédit, des photos de célébrités ou des secrets touchant à la sécurité nationale) permettait de remonter, même indirectement, à des Etats (Chine, Corée du Nord, Syrie, Iran, Etats-Unis, Israël, etc.), des groupes criminels ou des hacktivistes politiques. Mais le hack de Sony pourrait bien être le premier d’une série de cyberattaques menées par des groupes informels, travaillant ou non pour des Etats, capables de s’introduire dans les
EDITORIAL
Binaire
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Publié le 28/12/2014 à 18h56
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