Menu
Libération

Surveiller et punir, le mot d’ordre du Kremlin

Réservé aux abonnés

Petit à petit, le pouvoir étend son arsenal juridique pour réprimer les dernières voix dissonantes dans les médias, les ONG ou sur Internet.

Publié le 30/12/2014 à 20h06

La popularité du président Poutine est au plus haut depuis l'annexion de la Crimée et la guerre dans l'est de l'Ukraine : 85% selon le centre Levada, une institution qui ne peut être soupçonnée de sympathies pour le régime. Mais, aggravée par la chute du prix du pétrole et les sanctions internationales, le rouble est au plus bas (moins 45% par rapport au dollar) depuis ces mêmes événements et la récession menace. Nul doute qu'il faille voir dans ce double facteur la raison pour laquelle le Kremlin se résout à frapper toujours plus fort les opposants - les plus célèbres, comme Garry Kasparov ou Mikhaïl Khodorkovski (libéré après dix ans de prison), ayant été contraints à l'exil - et les ONG russes, de plus en plus nombreuses à être frappées du sceau d'infamie d'«agent de l'étranger».

Premières victimes. La grave crise économique dans laquelle s'enfonce le pays, de plus en plus isolé sur le plan international, pousse le Kremlin à serrer ce qu'il reste de vis dans le système. Sur fond d'un concert national patriotique chanté en chœur par les chaînes de télé fédérales, le Parlement russe continue de réduire un peu plus les champs d'expression d'une opinion critique ou même seulement dissonante. Les médias sont les premières victimes de cette nouvelle vague répressive. Virée des réseaux câblés, puis évincée de ses locaux, Dojd, la dernière chaîne de télévision indépendante, survit tant bien que mal en diffusant à partir d'un studio te

Pour aller plus loin :

Dans la même rubrique