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Libération

En Ukraine, la guerre reprend

Conflit. Alors qu’un bombardement a tué 12 civils mardi, le rapprochement politique n’opère pas.

A Volnovakha, après le bombardement aux abords d’un barrage ukrainien, le 13 janvier. (Photo Reuters)
Publié le 14/01/2015 à 19h46

Après une accalmie qui a en gros correspondu aux fêtes de Noël catholique et orthodoxe, célébrées les 25 décembre et 7 janvier, les hostilités sont reparties de plus belle dans l’est de l’Ukraine, où douze civils ont perdu la vie mardi lors d’un bombardement contre un barrage de l’armée ukrainienne à Volnovakha, au sud de Donetsk.

Arbitre. Ce retour aux armes intervient au lendemain d'une rencontre à Berlin des chefs de la diplomatie ukrainienne, russe, allemande et française. Une réunion qui n'a pas donné de suite à la proposition d'organiser ce jeudi un sommet sur l'Ukraine au Kazakhstan, avec les présidents russe, Vladimir Poutine, et ukrainien, Petro Porochenko, Angela Merkel et François Hollande. L'idée de ce sommet était de sanctuariser les vagues accords de Minsk qui ont débouché sur le cessez-le-feu du 5 septembre et la libération de centaines de prisonniers de guerre. Malgré ce processus, le bilan des victimes, qui était de 3 200 morts en septembre, est passé à 4 700 morts en janvier. Encore ne s'agit-il que des victimes civiles, les pertes militaires étant plus cachées, surtout du côté russe, Moscou refusant d'admettre sa participation au conflit.

Politiquement, aucun rapprochement n’est intervenu entre les deux parties. Moscou, qui continue de faire comme s’il n’était qu’un simple arbitre un peu partisan, insiste pour des rencontres directes entre Kiev et les rebelles prorusses de l’Est, et soutient une «fédéralisation» du pays.

Zones contrôlées par les forces pro-russes

Les accords de Minsk avaient été conclus au moment où, sur le terrain, les prorusses s’étaient retrouvés en position de force, grâce à une contre-offensive éclair menée avec l’appui de troupes russes équipées d’armement plus moderne. Un temps menacé de sanctions, le Kremlin avait été surpris de les voir appliquées. Il s’était alors efforcé de calmer le jeu comptant sur une suspension, croyant pouvoir diviser une Europe aux intérêts divergents. Peine perdue : l’Europe a tenu bon.

Moscou avait également espéré que l’arrivée de l’hiver achève une économie ukrainienne moribonde. C’était là aussi sans compter sur l’aide internationale, la détermination des Ukrainiens de passer s’il le fallait un hiver à grelotter faute de gaz, et, surprise, l’effet combiné sur l’économie russe des sanctions et de la chute vertigineuse du prix du pétrole.

Missiles. Militairement, aucune des parties n'a cédé un pouce de terrain depuis la trêve. L'aéroport de Donetsk, poste avancé des militaires ukrainiens, vient de perdre sa tour de contrôle, abattue par les missiles, mais résiste toujours. Après le tir qui a tué les douze passagers d'un bus à Volnovakha, le président Porochenko, qui avait participé dimanche à la marche parisienne en hommage à Charlie Hebdo, a modifié son profil Twitter pour inscrire : «Je suis Volnovakha.» Jeudi, il devrait signer un décret qui portera à 200 000 le nombre de mobilisables dans le pays.

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