Il a pris les plus connues à défaut de les avoir toutes. Ruby, Aida, Nadia, Ioana, Sara, Marysthell, Noemi, Alessandra, Nicole, Graziana et tant d’autres qui furent les protagonistes des soirées «bunga bunga», ces parties fines qui défrayèrent aussi bien la chronique politique que judiciaire italienne, jusqu’à contraindre finalement, en novembre 2011, Silvio Berlusconi, le sixième homme le plus riche du pays, à la démission de son poste de président du Conseil. Il fut pendant un quart de siècle le mâle dominant d’une politique transalpine réduite par son histrionisme à un spectacle de boulevard. Dans le petit livre autoédité du photographe Lorenzo Tricoli, les yeux, les bouches et les cheveux sont interchangeables comme dans les livres d’enfants. Ces jeunes femmes l’étaient aussi dans la vie réelle. Elles racontaient - en témoignent les écoutes téléphoniques ou les interrogatoires de justice - des soirées pas spécialement torrides ni orgiaques, où «Silvio» se vantait surtout de ses liens avec les grands de ce monde, leur passait des films et montrait le lit où avait dormi Poutine. Il les payait bien - genre 1 000 ou 2 000 euros par soirée -, leur offrait des bijoux fantaisie et la participation à une fête dans le palais privé du chef du gouvernement était souvent un premier pas pour un petit rôle dans les émissions de variété des diverses chaînes appartenant à ce tycoon des médias.
«Bunga bunga» : tirez la languette et la bobinette chérie
ParMarc Semo
Publié le 23/01/2015 à 17h36
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