Alors que les rebelles séparatistes ukrainiens, aidés par des forces russes, accentuent leurs attaques dans l'Est - onze morts pour la seule journée de jeudi -, les ministres des Affaires étrangères des «Vingt-Huit» étaient à Bruxelles pour une réunion extraordinaire, de fait surtout «d'évaluation», convoquée après la nouvelle offensive des séparatistes prorusses et le bombardement de Marioupol samedi.
«Nous allons renforcer les sanctions qui visent les séparatistes et ceux qui les soutiennent, y compris en Russie», a déclaré le secrétaire d'Etat français aux Affaires européennes, Harlem Désir, lors de son arrivée à Bruxelles. Mais les Européens semblent de plus en plus divisés sur un éventuel renforcement des sanctions économiques que Washington appelle également de ses vœux.
Le nouveau gouvernement grec d'Aléxis Tsípras, qui, à peine nommé, avait reçu l'ambassadeur russe, ne cache pas son opposition à un durcissement des sanctions et affirme, par la voix du nouveau responsable de la diplomatie hellène, Nikos Kotzias, vouloir «prévenir une fracture» entre l'UE et la Russie. «La nouvelle position du gouvernement grec ne va pas faciliter le débat […], c'est pourquoi je ne sais pas où nous allons aboutir», a commenté son homologue allemand, Frank-Walter Steinmeier.
Berlin a mis aussi en garde Athènes contre toute tentation d'échanger son non-veto sur de nouvelles sanctions à la Russie contre des concessions sur d'autres dossiers comme la dette. Mais d'autres pays tels l'Autriche, la République tchèque et la Slovaquie, dont les chefs de gouvernement étaient réunis jeudi à Vienne, ont exprimé dans un communiqué commun «leur scepticisme» sur de nouvelles sanctions. «La priorité doit être à l'établissement d'un dialogue soutenu», a ainsi affirmé le chancelier autrichien, Werner Faymann. Les discussions bruxelloises s'annoncent donc plutôt ardues. Par ailleurs, à Kiev, le président ukrainien, Petro Porochenko, a appelé les rebelles à des pourparlers d'urgence pour un nouveau cessez-le-feu. Dans la foulée, Minsk a annoncé une nouvelle réunion vendredi entre émissaires de l'Ukraine, de la Russie et de l'OSCE. Mais la guerre des mots entre Russes et Occidentaux est également à son comble. L'ancien président soviétique, Mikhail Gorbatchev, le fossoyeur de l'URSS qui désormais soutient Poutine dans sa politique ukrainienne, a accusé les Etats-Unis d'avoir entraîné la Russie dans une «nouvelle guerre froide» qui pourrait dégénérer en «conflit armé».




