Nous sommes fin 2011. Steven Soderbergh sort son nouveau film Contagion. L'histoire ? Un virus contracté via une chauve-souris se propage à travers le monde. Impossible de ralentir sa progression, sauf à prendre des mesures de confinement. Mesures injustes qui sacrifient les malades pour protéger ceux qui ne le sont pas encore. Ce scénario catastrophe fait forcément écho à l'apparition, deux ans plus tard, de l'épidémie du virus Ebola en Afrique de l'Ouest qui a fait près de 9 000 morts. Les rapprochements sont troublants entre le film et la réalité : difficulté d'anticiper ce genre d'épidémie, de coordonner les moyens mondiaux, frustration de gérer seulement les symptômes à défaut de pouvoir endiguer les causes… Des questions qui se posent au sein de MSF, où l'on se demande si l'on n'a pas plus trié les malades que tenté de les soigner. Tout cela incite à l'humilité quant à notre capacité à trouver la bonne réponse au bon moment. Trop tard ou trop tôt. En témoignent les dizaines de millions de vaccins contre la grippe H1N1 commandés inutilement en 2009. Certes, la mobilisation - même tardive - a probablement permis de freiner la progression d'Ebola et l'a empêché de se développer dans des pays encore non touchés, mais son reflux était déjà engagé. Et si on ne connaît pas les raisons précises de ce recul, on ne connaît pas non plus les circonstances qui peuvent mener à la reprise d'activité d'un virus en sommeil. Et qui ne demande qu'à muter.
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