Le portrait-robot diffusé par la police danoise concernant l'auteur des deux attaques terroristes de Copenhague, qui ont fait deux morts et cinq blessés, évoque un homme «d'environ 1,85 m, athlétique, d'apparence arabe, les cheveux lisses». L'homme a été tué par des policiers vers 5 heures, dimanche matin, au cours d'une fusillade dans le quartier populaire de Norrebro. Il était «âgé de 22 ans, né au Danemark», et était «connu de la police pour plusieurs délits dont, entre autres, des infractions à la législation sur les armes et des violences». Il était également fiché «pour ses liens avec des bandes de délinquants», ajoute le communiqué de la police. Il «aurait pu être inspiré par les événements de Paris», ainsi que par «du matériel de propagande envoyé par l'Etat islamique et d'autres organisations».
«Paralysé». Le journaliste Niels Ivar Larsen se trouvait au centre culturel de Krudttonden, quartier du nord de Copenhague, samedi après-midi, pour le débat intitulé «Art, blasphème et liberté», organisé par le comité de soutien à l'artiste suédois Lars Vilks (lire aussi page 4). Plusieurs personnalités avaient été invitées à y participer, parmi lesquelles l'ambassadeur de France au Danemark, François Zimeray, la présidente des Femen, l'Ukrainienne Inna Shevchenko, et l'artiste polonaise établie en Grande-Bretagne Agnieszka Kolek. La conférence, qui avait attiré une quarantaine de personnes, faisait l'objet d'une surveillance policière en raison de la présence de Lars Vilks, menacé et plusieurs fois la cible d'attaques.
Le débat a commencé à 15 heures, raconte Niels Ivar Larsen : «J'ai présenté l'ambassadeur de France, qui a fait un discours très émouvant où il a remercié les Danois pour leur élan de sympathie après l'attaque contre Charlie Hebdo. Puis, Inna Shevchenko a pris la parole. Elle n'a parlé que quelques minutes avant que des coups de feu résonnent. C'était le bruit d'une mitrailleuse. J'ai entendu quelqu'un crier sa haine dans une langue étrangère, que je n'ai pas comprise. Puis, tout le monde s'est mis à fuir. C'était la panique. Pendant dix secondes, j'étais paralysé. Je ne comprenais pas ce qui se passait. J'ai cru que c'était une blague, des feux d'artifice. Je me suis jeté dans un coin sombre et je me suis protégé derrière une table.» Selon Niels Ivar Larsen, les policiers et les agents des services de renseignements présents ont réagi très vite. Trois d'entre eux ont été blessés. L'assaillant n'a pas pu pénétrer dans le centre culturel.
La victime, Finn Norgaard, auteur de documentaire, «était allé prendre une bière au bar dans le foyer», raconte le journaliste. Il a été tué sur le coup. «C'était comme un mauvais rêve. Je n'arrivais pas à croire que c'était possible. C'est comme si la réalité sanglante m'avait rattrapé.» S'il songeait bien aux risques encourus par les journalistes danois après l'attaque contre Charlie Hebdo, «c'était un danger théorique abstrait. On ne peut pas réaliser ce que ça veut dire avant d'être en plein dedans».
Doudoune. L'assaillant quitte rapidement les lieux dans une Volkswagen Polo. La police parle d'abord de deux hommes, avant d'évoquer un seul suspect. Son véhicule est retrouvé à deux kilomètres au nord du centre culturel. Le terroriste est filmé par des caméras de vidéosurveillance, vêtu d'une doudoune foncée, d'un bonnet ou d'une cagoule bordeaux, et portant un grand sac noir.
La deuxième fusillade a éclaté à 0 h 50 à l'extérieur de la grande synagogue de Copenhague, dans le centre-ville. Selon le porte-parole de l'association juive Jeppe Jul, interviewé par le quotidien suédois Dagens Nyheter, le massacre a été évité de justesse : «Nous avons reçu des renforts tard dans la soirée de samedi», dit-il. Deux policiers sont blessés pendant l'attaque, qui a fait un mort : un homme de 37 ans qui contrôlait l'entrée d'une salle attenante à la synagogue, où étaient réunies 80 personnes à l'occasion d'une bar-mitzvah.
Dimanche matin, la police a retrouvé le tueur à Norrebro, informée par un chauffeur de taxi qui l’avait conduit à la même adresse, la veille.




