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Billet

Nemtsov assassiné : la responsabilité de Poutine

L'agressivité permanente du président russe contre toute forme d'opposition explique que des sicaires soient passés à l’acte.

Le corps de Boris Nemtsov, tué après avoir reçu plusieurs balles dans le dos. (AFP)
Publié le 01/03/2015 à 17h37

S’il était l’une des figures de proue d’une opposition démocratique toujours plus marginalisée, Boris Nemtsov ne menaçait pas le pouvoir d’un Poutine toujours au faîte de sa popularité. Mais cet ancien ministre réformateur des années 90, devenu un inlassable pourfendeur de la corruption comme de la guerre en Ukraine, était un symbole. Les dizaines de milliers de manifestants dimanche à Moscou ont dénoncé, à raison, un crime d’Etat soulignant les responsabilités politiques de Poutine. L’assassinat s’est déroulé au pied du Kremlin dans l’un des lieux les plus sécurisés de Moscou. Jour après jour, en outre, la machine de propagande du pouvoir pourfend les adversaires de l’agression russe dans le Donbass ukrainien comme des traîtres et des agents de l’étranger, donc des ennemis à éliminer.

Ce climat de "licence de tuer" explique que des sicaires soient passés à l’acte. L’homme fort du Kremlin se montre aussi implacable avec ses opposants en interne qu’avec ceux qui le défient à l’extérieur, dans des ex-républiques soviétiques tentées, comme auparavant la Géorgie ou aujourd’hui l’Ukraine, d’échapper à l’emprise russe. Face à Poutine, les Occidentaux, notamment les Européens à commencer par Paris, ont longtemps péché par ingénuité, sans vouloir admettre que l’ancien «guébiste» ne comprenait que le rapport de force. L’élimination de cet opposant après tant d’autres assassinés, emprisonnés ou exilés, est un nouvel avertissement.

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