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Libération

Nucléaire iranien : Obama tente de rassurer

Diplomatie . Washington, qui mène les négociations, a assoupli sa position, au grand dam de Paris.

Publié le 08/03/2015 à 19h26

C'est la dernière ligne droite pour un règlement politique sur le nucléaire iranien avant un accord définitif entre les 5 + 1 (les cinq membres permanents du Conseil de sécurité, plus l'Allemagne) et Téhéran, qui devrait être conclu d'ici au 31 mars. Les discussions avancent bien, mais rien n'est joué. Le président américain est intervenu dimanche sur CBS pour rassurer ses alliés qui s'inquiètent des risques d'un accord au rabais, alors même que Washington presse pour un compromis qui permettrait de normaliser les relations avec la République islamique. «Si nous ne pouvons pas vérifier qu'ils ne vont pas obtenir une arme nucléaire, que nous aurons suffisamment de temps pour agir durant une période de transition, même s'ils trichent, si nous n'avons pas ce genre d'assurances, nous n'accepterons pas un accord», a déclaré Barack Obama.

Contrôlé. Cette déclaration intervient au lendemain de discussions à Paris entre le secrétaire d'Etat américain, John Kerry, et son homologue français, Laurent Fabius, où la France s'est montrée plus réservée. L'idée est toujours celle d'un accord technique global au 1er juillet (suivant l'accord politique du 31 mars) autorisant certaines activités nucléaires civiles mais qui empêcherait Téhéran de se doter de l'arme atomique, en échange de la levée des sanctions économiques. L'administration américaine mène de fait ces discussions. Peu à peu, ces dernières semaines, les négociateurs sont passés du principe de «zéro enrichissement» à celui d'un enrichissement contrôlé. Ainsi, selon la presse américaine, les Iraniens pourraient être autorisés à conserver 6 500 de leurs 20 000 centrifugeuses - qui permettent l'enrichissement de l'uranium - au lieu de 1 500 auparavant.

A Paris, on s'inquiète d'un accord précipité et mal conçu. A la fin, il y aura une «décision politique», mais ce ne sera «pas un bon accord, moins que ce que veut la France», juge ainsi une source proche du dossier citée par l'AFP.

Fin 2013 déjà, Paris s’était opposé à la conclusion d’un accord négocié entre les seuls Américains et Iraniens, et avait obtenu de renforcer de manière substantielle un compromis sur la relance des négociations.

«Inacceptable». Israël comme l'Arabie Saoudite ou la Turquie sont encore plus préoccupés. D'où l'insistance d'Obama à rappeler que la bombe iranienne est «une menace inacceptable». Et de souligner aussi, s'adressant à Téhéran, que les négociations sont arrivées à un point «où ce n'est plus une question de problèmes techniques mais de volonté politique».

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