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Le détail qui tue

«Transformers» débarque à Ankara

Le maire ultranationaliste Melih Gökçek a fait fort en installant en plein centre de la mégalopole turque une grosse sculpture grisâtre.

Capture d'écran Twitter.
Publié le 04/04/2015 à 16h55

Il avait déjà parsemé les artères tirées au cordeau de la capitale turque avec des statues de chats à la Disney, faisant de cet animal la mascotte de l'austère capitale installée par Mustapha Kemal au cœur du plateau anatolien. Angora était l'ancien nom d'Ankara, et dans la vieille ville serpente toujours une Kedisevenler Sokak, la rue des amoureux des chats. Mais cette fois, le très sulfureux et populiste maire d'Ankara, Melih Gökçek, ultranationaliste rallié à l'AKP, le parti islamo-conservateur au pouvoir depuis 2002, a fait fort en installant en plein centre de cette mégalopole de quelque 5 millions d'habitants une grosse sculpture grisâtre qui ressemble étrangement à un robot de la production américaine Transformers.

Les habitants de la capitale ont cru à un poisson d'avril tardif. Ce monstre de métal et de polyester est censé promouvoir un parc d'attractions géant, Anka Park, que Melih Gökçek est en train de construire malgré une injonction d'un tribunal qui l'a jugé en partie «contraire aux règles de l'urbanisme».

Indéboulonnable maire de la capitale depuis 1994, réélu pour la cinquième fois l’an dernier malgré de lourds soupçons de fraudes, celui que ses détracteurs surnomment «Melih le dingue» n’en est pas à son coup d’essai en matière de statue. Il avait ainsi fait ôter les femmes aux seins nus installées dans les années 30 dans le parc de la Jeunesse. Et dans la foulée interdit la consommation d’alcool dans les guinguettes du lieu.

Mégalomane, il ne veut pas être en reste avec les grands travaux lancés par le président Recep Tayyip Erdogan. Outre ce parc à thème Anka avec des répliques géantes de dinosaures et de robots, il a même évoqué le creusement d'un canal pour «amener le Bosphore à Ankara». Un projet encore plus fou et improbable que celui de Recep Tayyip Erdogan qui, en 2011, encore Premier ministre avait lancé l'idée d'un canal à l'ouest d'Istanbul reliant la mer Noire à la mer de Marmara pour doubler le Bosphore.

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