La Macédoine, pays de 2,1 millions d'habitants, en majorité composée de Slaves orthodoxes, est en proie depuis le début de l'année à une crise politique sévère doublée d'une crise économique avec un taux de chômage de 28%. Cette crise a été dernièrement exacerbée par une série d'incidents à sa frontière avec le Kosovo. Le dernier en date remonte à samedi. Selon un porte-parole de la police macédonienne «un groupe armé» venu «d'un pays voisin» est soupçonné d'avoir planifié une «attaque terroriste» et d'avoir tué six policiers macédoniens, dans des échanges de tirs avec les forces de l'ordre. Il n'a pas précisé de quel pays voisin il s'agissait, mais la presse locale a clairement identifié le Kosovo voisin dont l'écrasante majorité de la population est albanaise.
.Selon le porte-parole de la police macédonienne le groupe aurait bénéficié d’un soutien à l’intérieur de Kumanovo, principale ville du nord du pays, ville frontalière avec la Serbie, et où vit une forte communauté albanaise. L’ambassade des Etats-Unis à Skopje a diffusé un communiqué présentant ses condoléances aux familles des personnes décédées dans ces incidents. Ces incidents interviennent après que le 21 avril, un groupe armé d’Albanais venus du Kosovo a brièvement pris possession d’un petit commissariat de police à la frontière nord de la Macédoine, réclamant la création d’un État albanais sur le territoire de cette ex-république yougoslave.
En 2001, les accords d’Ohrid, ont mis fin à six mois de conflit entre les forces de sécurité macédoniennes et les rebelles Albanais. L’accord a apporté aux Albanais, en majorité de confession musulmane et qui représentent environ 25% des deux millions d’habitants en Macédoine, davantage de droits au sein de la société. La Serbie a décidé ces dernières heures de renforcer ses troupes à la frontière.
Les tirs avaient repris dimanche à Kumanovo. Dans l'après-midi, la police a fait savoir que son opération de maintien de l'ordre était sur le point de s'achever. Le bilan est lourd : sur l'ensemble du week-end, «huit policiers ont été tués et 37 blessés» a annoncé un porte-parole de la police. Quatorze cadavres en uniforme ont été retrouvés sur place a-t-il ajouté, vraisemblablement ceux des assaillants. Selon les forces macédoniennes, l'attaque a été menée par un «groupe terroriste» formé d'une trentaine de personnes, citoyens de Macédoine, du Kosovo et d'Albanie, présumés d'origine albanaise.




