Il y a quelques mois à peine, l’arrivée de Nicolas Sarkozy en Israël aurait électrisé la centaine de milliers de Franco-Israéliens résidant dans l’Etat hébreu et votant majoritairement à droite à l’occasion des élections présidentielles. Cette fois, la visite éclair du leader des Républicains, qui a débuté dimanche soir, a nettement moins d’impact. Au point que les médias locaux ne lui consacrent que quelques échos sans intérêt et que la plupart des correspondants de la presse internationale l’ignorent superbement.
Officiellement, Sarko effectue un saut de trois jours dans la région pour participer à la conférence d’Hertzliya, un événement annuel calqué sur le Forum de Davos, mais uniquement centré sur les perspectives sécuritaires du Proche-Orient. Parmi les invités de cette édition, de nombreux «ex», tel l’ancien président israélien Shimon Peres, l’ancien Premier ministre Ehoud Barak et l’ex-chef du gouvernement espagnol Jose Maria Aznar (conservateur).
Mais Sarkozy n’est pas seulement venu faire de la figuration. A quinze jours de la tournée du ministre des Affaires étrangères Laurent Fabius et à deux ans de la présidentielle de 2017, il vient rappeler à ses électeurs potentiels –qui avaient voté pour lui à plus de 70% en 2012 - qu’il reste toujours en piste.
«Ce n’est pas comme cela que l’on fera la paix»
Reçu par le président de l'Etat hébreu Reuven Rivlin, par Benyamin Netanyahou et par Shimon Peres, il a rappelé à l'envi son «amitié sincère pour Israël». Des propos qui plaisent beaucoup à Tel-Aviv, à Natanya, à Ashdod, et dans tous les endroits où se sont installés des «olim» (émigrants) français.
A Jérusalem où il visitait une entreprise high tech ce lundi, l'ex-président est revenu sur la petite phrase de Stéphane Richard, le PDG d'Orange qui avait, mercredi dernier, proclamé son intention de couper les relations commerciales de son entreprise avec son partenaire israélien, avant de faire marche arrière en présentant ses excuses. Et en promettant de se rendre en Israël afin de se justifier.
«Le boycott est inadmissible», a déclaré le leader du parti Les Républicains après avoir affirmé qu'il «ne veut pas entrer dans la polémique puisque Stéphane Richard viendra s'expliquer ici».
Le PDG d'Orange a d'ailleurs affirmé lundi soir sur BFMTV qu'il est «radicalement opposé à l'idée même d'un boycott»: «Il n'a jamais été question une seconde que l'entreprise Orange se retire d'Israël.»
Sarkozy, lui, avait indiqué : «Je ne dis pas qu'il y avait une volonté de boycott de la part de cette entreprise mais je dis que ce n'est pas comme cela que l'on fera la paix.»
Une phrase bue comme du petit lait par les dirigeants israéliens mais sans doute moins par Mahmoud Abbas, le président de l’Autorité palestinienne qui reçevra brièvement Sarko à Ramallah.
En attendant, à Hertzliya, entre deux discours, tout ce beau monde cotoie des généraux de Tsahal (l’armée), des officiers supérieurs des Renseignements militaires (Aman) et du Mossad, des ministres en fonction telle l’égérie de l’extrême droite Ayelet Shaked (Justice), des députés en vue, ainsi que des magistrats, des diplomates, et même des grands patrons étrangers. Parmi ceux-ci, Michel Combes (Alcatel-Lucent), Laurent Dassault et Jean-Sébastien Decaux.




