L'attaque raciste contre l'église de Charleston s'inscrit dans une double liste d'attentats terroristes américains. La première «tradition», c'est la cible. Parce que les «églises noires» jouent depuis longtemps un rôle culturel et politique majeur pour la communauté afro-américaine, elles ont été régulièrement attaquées par les terroristes. En 1963, une bombe tue quatre jeunes filles dans une église de Birmingham, Alabama. Entre 1995 et 1998, on dénombrera près de 700 attentats ou tentatives d'attentat à la bombe contre des lieux de culte noirs. L'autre tradition, c'est le terrorisme d'extrême droite, celui des White Supremacists, du Ku Klux Klan, des groupuscules à la Tim McVeigh – son camion piégé a tué plus de 160 Américains à Oklahoma City en 1995 – ou des loups solitaires nourris au racisme qui frappent chaque année les communautés noire, hispanique, juive et musulmane. Ce qu'ils veulent, c'est en finir avec le dialogue commencé il y a cinquante ans, qui s'est poursuivi avec l'élection d'Obama et continue avec les discours modérés sur l'immigration de la plupart des candidats républicains à la Maison Blanche. Pour mesurer le chemin parcouru, toujours cahotique, on se rappellera que les terroristes de Birmingham, eux, n'ont été arrêtés que des années après.
EDITORIAL
Le lent chemin, de Birmingham à Charleston
Publié le 18/06/2015 à 20h46
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