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Serge Atlaoui a-t-il épuisé tous ses recours ?

Publié le 22/06/2015 à 22h36

Après presque deux mois d’attente, Serge Atlaoui, un Français condamné à mort pour trafic de drogue en Indonésie, recevait ce lundi le verdict de la cour administrative de Jakarta. Il y contestait la décision, prise en janvier, du président Joko Widodo de lui refuser sa demande de grâce. La cour a tranché : elle ne s’estime pas compétente pour statuer sur la grâce présidentielle et rejette les arguments de la défense. La contestation devant cette juridiction est presque un passage obligé pour tous les condamnés à mort en Indonésie.

La manière dont l’affaire a été menée par la justice est surprenante. Plusieurs fois, les audiences ont été reportées, laissant un répit au Français mais renforçant l’image d’une justice indonésienne hésitante. S’il a échappé à son exécution in extremis le 29 avril grâce à ce recours (alors que 7 autres détenus ont eux été fusillés), le rejet du tribunal administratif pourrait bien relancer le processus. Pour la suite, nul ne sait vraiment ce qu’il se passera. Serge Atlaoui et ses proches ont devant eux quelques semaines pour y réfléchir. L’Indonésie, plus grand pays musulman au monde, est en plein ramadan et tourne donc au ralenti. Les avocats du Français peuvent abattre une dernière carte. La loi indonésienne prévoit qu’un condamné à mort soit exécuté en même temps que les personnes jugées pour la même affaire. Or, les autorités ne semblent pas pressées de faire fusiller les Indonésiens concernés dans le dossier de Serge Atlaoui.

L’autre espoir est que cette affaire garde une part d’inattendu et d’irrationnel. Depuis l’annulation au dernier moment de son exécution, certains observateurs estiment que la France a exercé une pression diplomatique importante. Une crainte demeure pourtant : que la machine médiatique s’emballe, les Indonésiens étant en majorité favorable à la peine de mort.

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