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Droit de suite

Indonésie : pour Serge Atlaoui, «il n'y a plus d'urgence»

La compagne du Français condamné à mort en Indonésie et son avocat ont tenté de rassurer ce vendredi.

Serge Atlaoui et sa femme, Sabine, en mars 2008, dans la prison où le Français était détenu. (Photo Bay Ismoyo. AFP)
Publié le 26/06/2015 à 16h34

Sabine Atlaoui, la femme du Français condamné à mort et son avocat français, Me Sédillot, se sont exprimés pour la première fois depuis que la cour administrative indonésienne a rejeté le recours lundi. L'épouse du prisonnier a souhaité rassurer d'emblée : «Si je suis rentrée en France, c'est que nous ne sommes plus dans une situation d'urgence immédiate.»

Pourtant, mercredi, un porte-parole du ministère des Affaires étrangères indonésiennes a affirmé devant les médias que le Français avait «épuisé tous les recours possibles», laissant craindre que le processus ne soit relancé. L'avocat du Français temporise lui aussi : «Il semblerait que ce soit un simple avis d'une seule personne qui ne repose sur rien.» Lui au contraire, prétend bénéficier de temps pour travailler en collaboration avec son homologue indonésienne, Nancy Yuliana, afin de trouver une suite juridique à cette affaire : «Nous avons épuisé beaucoup de recours, mais certains peuvent être ressaisis. Le tout est de trouver le recours adéquat, et dans le bon timing.»

S'il semble important qu'en Indonésie, le cas Atlaoui ne fasse pas trop parler dans les médias en raison de l'opinion majoritairement favorable à la peine de mort, les proches du Français semblent en revanche déterminés à faire parler d'eux ici. «Il y a un temps pour le silence, ce qu'on a fait pendant longtemps, et il y a un temps pour la médiatisation», explique MSédillot. Les recours n'étant désormais que peu nombreux, ses proches semblent vouloir mettre une pression médiatique et diplomatique depuis la France. «Nous faisons un gros travail depuis huit ans avec les autorités françaises, et nous allons continuer», a ajouté Sabine Atlaoui.

Elle est aussi revenue sur ces trois derniers mois qui ont été particulièrement difficiles pour le Français et ses proches : «Je dirais que je me sens un peu au paradis en rentrant ici, toutes proportions gardées. C'est le travail de fond qui m'a gardée à la surface. Je ne trouve même pas les mots pour vous dire dans quel état je suis, je suis hors du temps, hors de tout.» Ce que ses proches veulent éviter désormais, c'est que l'affaire s'emballe et que Serge Atlaoui soit de nouveau placé sur la liste des exécutions – il l'avait été en avril. «Si ça arrive une seconde fois, il ne le supportera pas, je le connais», a conclu sa compagne.

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