On peut désormais regarder dans leur ensemble les révélations mises au jour par Libération et Mediapart en collaboration avec WikiLeaks, et la photographie globale qui s'en dégage fait froid dans le dos. Bien sûr, il ne faut pas être naïf et on se doutait que les Etats-Unis étaient en contradiction totale entre leurs déclarations d'amitié et la tentation d'utiliser les grandes oreilles à leur disposition pour nourrir leur infobésité. Désormais, tout le monde possède les preuves des écoutes sauvages effectuées sur les principaux dirigeants, institutions et diplomates français, des stratégies d'espionnage à caractère économique, des techniques utilisées parfois à un saut de puce de l'Elysée, et surtout de l'importance des moyens mis en œuvre par l'administration américaine pour ramasser la moindre info, même la plus anodine en ratissant le cœur de l'Europe. Ce n'est plus de la pêche au chalut, c'est de la collecte systématique, à caractère paranoïaque avec l'aide zélée d'un Etat membre de l'Union européenne, le Royaume-Uni. Il manque encore beaucoup de pièces au puzzle. Aujourd'hui, l'Allemagne vient d'en trouver une essentielle : la preuve qui manquait et qui empêchait toute poursuite de l'enquête menée sur l'espionnage du téléphone portable de la chancelière allemande. Incroyable, d'ailleurs, le nombre de pays amis qui se comportent entre eux comme les derniers des sagouins. La France et ses dirigeants ainsi que tous ses «amis» peuvent très bien faire comme si tout cela était normal, comme si tout cela ne portait pas à conséquence. Nous, non.
EDITORIAL
«Amis»
ParDavid Carzon
Publié le 01/07/2015 à 20h06
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