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Libération
Décryptage

Qui est la mystérieuse prisonnière du Pentagone ?

Publié le 10/07/2015 à 19h56

On ne sait rien d’elle, mais le Pentagone s’emploie à faire croire que sa mystérieuse prisonnière détient des informations très précieuses sur l’Etat islamique. Celle que l’on désigne simplement du nom d’Oum Sayyaf (la Mère de Sayyaf), a été capturée le 16 mai par un commando Delta des forces spéciales de l’armée américaine lors d’un raid, dans le nord de la Syrie, qui visait plusieurs cadres de l’organisation jihadiste, dont son mari Abou Sayyaf.

Une «conseillère majeure» de l’Etat islamique ?

Les services américains la décrivent ainsi. D’où des articles outre-Atlantique sur cette pasionaria de la guerre sainte. Reste que les informations du Pentagone paraissent cousues de fil blanc. D’abord, son mari, Abou Sayyaf, présenté comme le responsable financier de l’EI, ne l’est sans doute pas. Personne n’a jamais entendu parler de lui et il ne figure dans aucun des organigrammes de l’EI. Dès lors, sa veuve perd beaucoup de son importance puisque c’est la notoriété de son époux qui lui donnait son rang.

Organisatrice de réseaux ?

Difficile de croire qu’elle ait été chargée d’organiser les réseaux de volontaires féminines au sein de l’EI et qu’elle chapeautait le réseau d’esclaves sexuelles, deux fonctions fondamentales au sein de l’organisation extrémiste, et qui ne sauraient donc être confiée à des femmes, dans l’esprit de l’EI.

Un brouillage de pistes ?

Pourquoi les Américains accordent-ils un tel poids à Oum Sayyaf, au point qu’ils ont distillé des informations pour le moins incongrues ? Pour brouiller les pistes ? Pour valoriser les raids de la force Delta ? Les voies des services secrets sont décidément mystérieuses.

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