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Récit

Contre la Grèce, le front des dix

Pays du Nord et de l’Est en tête, dix Etats européens sont très hostiles à l’idée d’aider encore Athènes et n’accordent pas de crédit aux nouvelles propositions d’Aléxis Tsípras. Motivés par une opinion publique réfractaire.

La chancelière allemande Angela Merkel, le président français François Hollande, et le Premier ministre grec Alexis Tsipras le 12 juillet 2015 à Bruxelles (Photo JOHN MACDOUGALL. AFP)
Publié le 12/07/2015 à 20h06

Ils sont dix pays - dont l’Allemagne - sur les 19 membres de l’Eurogroupe à camper sur une position intransigeante face à Athènes et qui ont refusé samedi d’accepter dans l’état les propositions par Aléxis Tsípras. Nombre d’entre eux, comme l’Allemagne, doivent faire entériner le plan d’aide par le Parlement et ils doivent tenir compte de leurs opinions publiques, vent debout à l’idée de devoir à nouveau payer pour aider les Grecs. La Finlande est parmi les plus durs : Alexander Stubb, le ministre des Finances, a fait savoir dès le début de la réunion que son pays ne souhaitait pas participer à un nouveau plan d’aide. Cela pourrait mettre en péril sa coalition avec le parti europhobe et xénophobe des «vrais Finlandais». Pour commencer à négocier, il n’a néanmoins pas besoin d’un vote de l’assemblée, une «grande commission» de 25 députés sur les 200 que compte le Parlement suffit.

Les Pays-Bas font aussi partie de ce front de l'intransigeance face à Athènes. «Il y a un gros problème de confiance. Peut-on vraiment croire le gouvernement grec pour qu'il fasse ce qu'il a promis dans les prochaines semaines, les prochains mois, les prochaines années ?» a résumé le patron de l'Eurogroupe, le néerlandais Jeroen Dijsselbloem.

Les députés bataves décideront du mode d'adoption du plan. Les pays de l'ancien bloc de l'Est sont de loin les plus remontés contre Athènes. En Slovaquie, le gouvernement de Robert Fico (gauche populiste) ne se prive jamais de rappeler que le montant des retraites slovaques est en moyenne de moitié inférieur à celles des Grecs même après les nouvelles mesures. A Bratislava, un feu vert de la commission des affaires étrangères du Parlement suffit pour adopter le troisième plan de soutien à la Grèce. En Estonie comme en Lettonie, ex-républiques soviétiques où la population a connu d'abord les affres de la transition au capitalisme puis une cure d'austérité, l'opinion rechigne. Notamment à Riga où la Premier ministre Laimdota Straujuma reconnaît que «ce sera très difficile de convaincre le Parlement».

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