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Libération
Décryptage

Une offensive terrestre se prépare au Yémen

Publié le 08/09/2015 à 21h36

Des informations en provenance des pays arabes du Golfe laissent penser que l’offensive aérienne au Yémen, lancée en mars par Riyad et ses partenaires au sein du Conseil de coopération du Golfe, se double d’opérations terrestres importantes. Des forces saoudiennes, émiraties et qataries s’opposent aux rebelles houthis, chiites et pro-iraniens appuyés par les fidèles du président déchu, Ali Abdallah Saleh. Selon Al-Jezira, un millier de soldats qataris sont arrivés dimanche soir, soutenus par 200 véhicules blindés et 30 hélicoptères Apache, via le poste-frontière d’Al-Wadia, ce qui représente le premier déploiement au sol connu de l’émirat au Yémen. Simultanément, l’Arabie Saoudite a déployé des unités d’élite dans la région de Maarib (centre), ce qui porte à 10 000 hommes au sol les forces de la coalition.

Pourquoi Riyad prend-il le risque d’affronter les rebelles houthis sur un terrain si difficile ?

L’offensive aérienne a montré ses limites. En dépit de destructions considérables, elle n’a pas anéanti les milices houthies, ni les unités de la garde républicaine restées fidèles à Saleh. Vendredi, un missile tiré par ses hommes dans la province de Maarib a fait 60 morts, soit les plus lourdes pertes de la coalition. Désormais, Riyad et ses alliés n’ont pas d’autre solution que la fuite en avant, qui se traduit par une attaque terrestre sur la frontière Est. L’offensive permet aussi l’ouverture d’un second front avec celui du Sud. Repris mi-juillet, le grand port d’Aden est maintenant sous le contrôle des forces loyalistes du président en exil, Abed Rabbo Mansour Hadi, et de ses alliés saoudiens. Cinq provinces du Sud ont depuis été reconquises.

Quel est l’objectif de la coalition arabe ?

Il s’agit de prendre Sanaa, pour y rétablir l’autorité de Mansour Hadi. La coalition estime qu’un règlement du conflit doit être basé sur la résolution de l’ONU d’avril qui somme les rebelles de se retirer des territoires conquis et d’accepter le rétablissement du gouvernement «légitime». A ce jour, il n’existe aucune perspective politique pour un règlement du conflit. D’où l’intensification de la guerre, au sol et des bombardements aériens terribles ce week-end. Mais la combativité de la secte houthie rendra difficile la conquête de la capitale, même si on ne peut exclure des ralliements au cours de la progression de la coalition. Derrière les Houthis, c’est Téhéran que vise Riyad, la milice étant considérée comme l’équivalent du Hezbollah libanais dans la péninsule Arabique.

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