La nuit n’a pas été calme à Jérusalem : des affrontements entre policiers israéliens et jeunes manifestants palestiniens se sont poursuivis dans plusieurs quartiers de la ville, dont Silwan et A-Rom. Jets de pierres, de boulons et de cocktails Molotov contre grenades lacrymogènes et balles en caoutchouc. Des incidents se sont également produits dans la banlieue d’Hébron et à Tulkarem (Cisjordanie) après que le gouvernement israélien, réuni en séance extraordinaire dès la fin de Rosh Hashana, la nouvelle année juive, eut annoncé de nouvelles mesures répressives.
Parmi celles-ci, le vote d'une loi instaurant une peine minimale pour les lanceurs de pierres et d'autres objets «mettant la vie des personnes en danger». Dans ce cadre, les suspects arrêtés ne pourront plus bénéficier d'une remise en liberté provisoire en attendant leur procès. Ils resteront en prison jusqu'au prononcé du jugement. Et bien plus longtemps s'ils sont condamnés.
Un projet de loi contre les magistrats «laxistes»
Le même texte ou une loi séparée prévoira également de fortes amendes pour les parents de mineurs interpellés «en train de perturber l'ordre public». Et ce n'est qu'un début car, poussé par les partis d'extrême droite qui le soutiennent et par les faucons du Likoud (son parti), Benyamin Nétanyahou promet de frapper fort pour «enrayer cette nouvelle vague de terrorisme qui vise des civils innocents».
Dans les prochaines semaines, une commission mise en place par le gouvernement va donc étudier de nouvelles mesures, parmi lesquelles la proposition de loi du ministre de la Sécurité intérieure, Gilad Erdan, visant les magistrats considérés comme laxistes. Selon ce texte, les juges qui n’appliqueraient pas avec sévérité les mesures gouvernementales ne pourraient plus progresser dans leur carrière.
Majoritairement à droite, les médias israéliens présentent les violences de ces derniers jours comme une «nouvelle vague de terreur qui submerge la capitale». En tout cas, de nouveaux affrontements se sont produits mercredi matin dans les ruelles de la vieille ville de Jérusalem, désertées par les touristes et dont de nombreuses boutiques avaient fermé leurs portes, faute de clients.
«Puisqu’ils ne comprennent que la force, nous avons pris de quoi les calmer»
Casque sur la tête, doigt sur la détente ou matraque en main, des gardes-frontières (l’équivalent local de la gendarmerie) patrouillaient dans des rues vides, où l’on entendait de loin en loin de jeunes voix pousser en arabe des cris hostiles à l’occupation.
«Pourquoi est-ce que vous rôdez par ici ? Il n'y a rien à voir, nous a déclaré un sous-officier entouré de quelques hommes aux yeux bouffis de fatigue. C'est toujours la même chose avec les Arabes, ils nous provoquent durant les fêtes juives pour attirer l'attention sur eux. Puisqu'ils ne comprennent que la force, nous avons pris de quoi les calmer.»
Ce ne sera pas dans l’immédiat puisque, du Hamas au Fatah en passant par le Jihad islamique et les divers Fronts populaires plus ou moins démocratiques, toutes les organisations palestiniennes appellent à poursuivre le mouvement. Et à déclencher une «journée de la colère» vendredi prochain à la sortie de la grande prière.




