La clé de bras au lieu du consensus : les 28 membres de l'Union européenne se sont mis d'accord mardi, via leurs ministres de l'Intérieur, sur le principe d'une répartition de 120 000 réfugiés sur le continent d'ici à 2017. Faute de consensus, notamment avec certains pays de l'Est, la décision a été exceptionnellement votée à la majorité qualifiée. Quatre Etats opposés à toute répartition contraignante se sont prononcés contre : la République tchèque, la Hongrie, la Roumanie et la Slovaquie. «Le bon sens a perdu», a déploré Milan Chovanec, ministre tchèque de l'Intérieur. La décision de «relocalisation» devrait s'imposer à tous les Etats, y compris ceux qui ont voté contre. Robert Fico, Premier ministre slovaque, a prévenu que tant qu'il serait en poste, son pays n'accueillerait pas de réfugiés contre son gré. Un diplomate a qualifié l'ambiance de «terrible» : «C'est un mauvais jour pour l'Europe.»
Clause. On ne connaît pas les modalités concrètes de mise en œuvre de la mesure, censée soulager les pays de première ligne (Italie et Grèce), confrontés à l'afflux de migrants. Au total, un million de demandes d'asile pourraient être déposées dans les pays de l'UE cette année, selon l'OCDE. 350 000 à 450 000 personnes, notamment originaires de Syrie, Irak, Afghanistan, Erythrée, devraient obtenir le statut de réfugié.
Des questions demeurent. Comment sera calculée la «clé de répartition» fixant la part de réfugiés dans chaque pays ? Le mécanisme sera-t-il permanent, la plupart des institutions jugeant que le nombre de 120 000 personnes est en deçà des besoins ? Cette clé sera-t-elle obligatoire, ou existera-t-il une clause de sauvegarde qui permettrait à tout pays connaissant «des problèmes nationaux graves, un conflit, une crise» de suspendre temporairement l'accueil ? La possibilité de verser une «compensation financière» reste aussi en débat.
Aides. Un sommet des chefs d'Etat ou de gouvernement doit se tenir ce mercredi à Bruxelles. Objectif : renforcer les aides versées aux pays frontaliers de la Syrie, où vivent quatre millions de personnes ayant fui Al-Assad ou Daech. Car, selon les mots de Bernard Cazeneuve, le ministre français de l'Intérieur, «l'Europe ne peut pas accueillir l'ensemble de ceux qui sont aujourd'hui dans les camps de réfugiés».




